Debra Proulx

Jusqu’à tout récemment, j’étais Debra Violette. Anthropologue, globe-trotter, gestionnaire de projets. Férue de développement international, travaillant à changer le monde, je sillonne le pays et le globe. JMJiste invétérée, jeune chrétienne engagée, d’un projet à l’autre je travaille à intégrer foi et quotidien. J’ai à cœur le sort de la planète et de ses habitants. Parlez-moi d’environnement, de justice sociale, de développement équitable.

Au cœur de mille projets et pourtant toujours en marge du monde. Francophone en Ontario, chrétienne dans un monde séculier. Perdue dans un village du nord de l’Ontario, on me considère la fille de la grande ville du « Sud » qu’est Ottawa. Jeune femme blanche en Afrique, franco-ontarienne à Québec. Je ne me considérais même pas environnementaliste avant que ma croisade contre les verres en styromousse bouleverse les mœurs de mon dernier lieu de travail ! Partout je suis une étrangère, partout on me dit que j’ai un accent.

Peu m’importe, je suis au cœur de la vie et centrée sur l’autre. Qui dit qu’on ne peut être à la fois croyante et faire partie du monde? Aller à la messe le dimanche et faire du ski, danser de la gigue, jouer du violon? Prier avant les repas, puis partager un festin entre amis, avec une bonne bouteille de vin? Vivre pleinement la vie du moment présent, voilà mon leitmotiv.

Puis un matin, je me réveille et me voilà Debra Proulx, épouse et mère. Les mêmes passions, de nouvelles priorités. Les mêmes rêves, de nouvelles modalités. Au mitan de mes 35 ans, je jongle encore d’innombrables projets pour changer le monde. Mais tout se joue dans le quotidien. Je songe à ce que je veux transmettre à ma fille. Je me demande dans quelle sorte de monde elle grandira, quelle planète l’accueillera quand ce sera à son tour de la sillonner, si elle choisit de le faire. Je continue à travailler là-dessus et je vous tiens au courant!