C’est parce que la famille est première responsable de l’éducation des enfants que l’Église s’oppose à baptiser de jeunes enfants contre la volonté de leurs parents. Or, l’État ne semble-t-il pas vouloir aujourd’hui baptiser à sa façon tous nos enfants sans notre consentement?
La question se pose alors que la Cour d’appel du Québec vient de refuser d’entendre les parents qui dénoncent le caractère obligatoire du nouveau cours «Éthique et culture religieuse» dans nos écoles publiques.
Déjà en 1962, l’éminent professeur de philosophie Charles De Koninck n’avait pas peur d’affirmer ce qu’il entrevoyait alors presque prophétiquement comme un dangereux dérapage démocratique : « J’ai bel et bien qualifié de tyrannique un régime qui n’admettrait et n’appuierait que des écoles non confessionnelles. Car justement ce régime dénierait la priorité du droit des parents – croyants, cette fois-ci – en matière d’éducation. Si, par ailleurs, nous voulions imposer les croyances de la majorité à tous les membres de la cité, nous serions coupables du même despotisme. Voilà ce qu’entraîne inéluctablement la liberté religieuse. »
C’est au nom de la liberté de conscience que l’État n’impose plus aux enfants des parents québécois de suivre un cours d’enseignement catholique. Le même principe ne devrait-il pas s’appliquer quand il est question de leur imposer aujourd’hui un cours qui présente une vision égalisatrice et relativiste de toutes les religions ? À moins que l’État prenne les enfants des québécois pour ses propres enfants…
Espérons que nous saurons être cohérents et ne pas suivre l’adage des régimes totalitaires : « Quand nous sommes en minorité, nous réclamons pour nous la liberté au nom de vos principes; quand nous sommes en majorité, nous vous la refusons au nom des nôtres. » Si hier les parents québécois ont obtenu une éducation non confessionnelle pour leurs enfants, c’est en vertu du même principe que nos enfants doivent aujourd’hui avoir le droit de ne pas recevoir une éducation qui va à l’encontre de la conscience de leurs parents. Loin d’être une menace, la liberté des parents à demeurer les premiers responsables de l’éducation de leurs enfants est une richesse à protéger pour le plus grand bien de tous.
Pastorale Jeunesse 11 Mars 2010, 12 h 28
C’est tres interessant.
Céline 17 Mars 2010, 14 h 49
La problématique de ce cours est plus complexe, je crois, que le choix des parents à faire suivre ou non à leur enfant ce cours d’éthique et culture religieuse (ECR). Que souhaitons-nous, en tant que parents chrétiens (catholiques) : des enfants ouverts à la différence pour ne pas avoir peur de l’autre ou un enseignement confessionnel dans nos écoles publiques (ou rien du tout) ? Et il faut se demander ce qu’est l’enseignement religieux confessionnel. Nos professeurs sont-ils formés pour cela ? Du moins, quand j’étais plus jeune, mes souvenirs ne me le démontrent pas… À qui revient l’enseignement religieux : l’école ou la famille et le lieu de pratique ?
Il y a une différence entre l’enseignement religieux confessionnel et un cours d’éthique et de culture religieuse. Il n’y a pas la prétention d’enseigner la foi (et de toute façon la foi ne s’enseigne pas… Ce n’est pas un savoir).
« C’est au nom de la liberté de conscience que l’État n’impose plus aux enfants des parents québécois de suivre un cours d’enseignement catholique. Le même principe ne devrait-il pas s’appliquer quand il est question de leur imposer aujourd’hui un cours qui présente une vision égalisatrice et relativiste de toutes les religions ? »
Comme je l’ai dit plus haut, il y a une différence entre les deux types de cours : un est confessionnel et l’autre ne l’est pas. C’est précisément là qu’entre en jeu les parents ET la paroisse. Il faut se mettre à la place de l’État qui se doit, selon moi, d’être juste avec tous et ce cours offre un lieu de discernement. C’est là où, je suis mal à l’aise face au cours au niveau primaire… Le discernement est peut-être moins fort…
Mais sans prendre ni pour l’un ou ni pour l’autre, le cours mérite d’être connu ET révisé, car il n’est pas parfait, mais comprenons qu’il est encore jeune, ce cours. Il peut être modifié et c’est par des prises de parole que cela pourra être fait. Regardons la situation, analysons-la puis cherchons à se comprendre mutuelle pour se mettre en relation avec autrui (même si autrui est l’État!). Nos actions pourront porter fruits…
David Boutin 20 Juin 2010, 01 h 29
Céline, toi et moi nous nous connaissons assez bien et avons partagé nombre de discussions ensemble.
Sincèrement, je lis ton commentaire et je le trouve choquant. L’art d’agiter des épouvantails ridicules. Prétendre que le cours ECR est une option pour l’ouverture à la différence est un mensonge et de prétendre encore qu’il soit une opposition à un enseignement confessionnel, comme si un tel enseignement n’était bon qu’à produire des enfants xénophobes et allophobes, franchement faut le faire!!!!
Premièrement, il y a plein d’autres moyens de permettre à nos enfants d’assumer la différence. Dans le cas du cours ECR, c’est la méthode qui est mauvaise. Qui revient à disqualifier toutes les religions en les mettant toutes égales et pour un enfant, cela reviendra à du pareil au même. La foi ou la religion à laquelle on adhère ne doit pas être notre choix que pour une question de “feeling”. Mais lorsque tout est mis sur le même pied d’égalité, et que tout n’est aborder que de manière extrêmement superficielle, on appel pas ça s’ouvrir à la différence, mais se noyer dans l’in-différence, puisque c’est tout du pareil au même… Dommage que ce soit si difficile de discerner la ligne entre l’ouverture réelle à la différence et l’indifférence. Les deux semblent très proches, les effets peuvent être très semblables, mais un des deux mouvements n’est qu’une vulgaire hypocrisie et une pure lâcheté. Ai-je besoin de dire laquelle?
L’État n’a pas la compétence pour parler de ce qui fait le coeur du croyant, et n’a pas non plus à venir y mettre ses grosses pattes sales et ta conclusion de type “Calinours, faisons-nous un câlin”... Non mais… Demain arrives un intrus chez toi pour te violenter, te voler, ou pire encore, tu te dis gentiment “C’est mon prochain, je dois dialoguer avec lui”?
Ce que l’État fait ici aux catholiques, et aux croyants de toute confession, c’est une agression pure et simple de leurs droits de liberté de conscience et de religion. Depuis quand devons-nous accepter les agressions sans rouspéter au nom du dialogue? Tu trouves que le gouvernement est ouvert au dialogue, toi? Et des fois qu’un certain curé qui s’est laissé récupérer par l’État pour combattre les catholiques qui osent encore parler dans ce pays de la pensée unique, s’il lit ceci, les pères de l’Église sont peut-être allé à l’école païenne, mais une fois converti, ou terminée l’école païenne, ils en ont combattu de leur mieux les erreurs et défendu fermement les chrétiens.
En tk, si tu lis ceci, Céline, laisses-moi savoir, on ira en jaser devant une bonne bouffe!
à la prochaine!
David Boutin 22 Juin 2010, 13 h 18
Héhé! Si quelqu’un lit encore le blogue, la Loyola High School de Montréal a obtenu le droit d’adapter le cours ECR dans une perspective catholique. Cela pourra-t-il faire des petits? Le juge Dugré a déclaré que les méthodes du ministère s’apparentait aux méthodes de l’inquisition espagnol, rien de moins! Et que se faisant, le ministère violait le droit de liberté de religion des catholiques. Espérons que son expertise en dépasse une autre dont je tairai l’auteur… Céline le connait très bien.