Un (autre) parallèle entre la religion et le sport?

  • Par Louis-Simon
  • 19 Juillet 2010

Je ne suis pas théologien ni philosophe, mais la dernière coupe du monde de soccer et tous les rassemblements festifs qui en ont découlé m’ont fait réfléchir à une petite comparaison.
Pour moi, le concept de religion, ça implique un équilibre entre deux choses:
D’abord, il faut croire en Dieu, avoir la foi.
Ensuite, vient le goût de se rassembler autour de rites et de gestes pour partager cette foi.  Là où deux ou trois personnes sont réunies autour de la même prière, il se passe une « communion » difficile à expliquer.
C’est un peu comme être un fan de sport.  On peut croire aux chances de victoire de notre équipe favorite et regarder les matchs seul à la maison.  Mais quand arrive la grande finale, on veut se rassembler et faire un gros party : les buts sont plus excitants quand on les célèbre à plusieurs!
Mais si durant cette fête, il faut absolument de la pizza, il faut absolument telle sorte de bière parce que c’est la bière officielle, il faut se costumer aux couleurs de l’équipe, il faut absolument crier et chanter, si il faut que l’important soit trop sur les « il faut »… ouf, je suis prêt à parier que plusieurs vont préférer rester chez eux…


3 commentaires


David Boutin  20 Juillet 2010, 01 h 15

Bonjour Louis-Simon,

je crois que la comparaison ne peut pas vraiment tenir, parce que les deux évènements, la religion, et les matchs de sports, n’ont pas la même vocation.  L’une a une vocation récréative, l’autre une vocation méditative en but d’oeuvres caritative.  La coupe de monde peut-elle être mise sur le même pied de la recherche de relation à Dieu?  Peut-on mettre sur le même pied l’actualisation de la pâques du Christ, se souvenir de sa MORT-Résurrection, de son sacrifice, et de l’acutalisation de notre participation, dont les baptêmes nous ouvre aux prémices de la pâques?  La religion peut-elle être réduite à son aspect de célébration?  Il était peut-être une erreur sérieuse de la réduire au saint-sacrifice, doit-on maintenant goûter l’autre extrême, sans détour possible, et commettre la même faute à sens inverse en cherchant à ne faire de la religion qu’un évènement festif sans plus?  Disons que je n’en suis pas tout à fait convaincu.  Le monde des symboles et parfois bien nébuleux…


Louis-Simon  21 Juillet 2010, 22 h 27

Merci David pour ton commentaire.  Peut-être que ma comparaison n’est pas bonne, mais je vais tout de même apporter des précisions pour clarifier ma pensée.
En effet, je ne souhaite pas sous-entendre que le sport et la religion sont sur un même pied d’égalité.  La graine de moutarde n’a assurément pas un rôle aussi important que le Royaume des Cieux, mais pourtant, elle a permis l’une des plus célèbres comparaisons! 
Ce que je voulais mettre en relief, c’est que de la même manière que certains protocoles associés aux sports (bouffe, costumes, manifestations…) n’ont en fait aucun rapport avec le sport lui-même et peuvent rebuter certains partisans, il est peut-être possible que certains rituels chrétiens puissent apparaitre superflus et nuisent même au message évangélique.
J’entends souvent des réflexions qui supposent, par exemple, que si les gens ne vont plus assez à la messe, c’est tout simplement parce qu’ils sont dans l’erreur.  Bah, peut-être que oui, peut-être que non…  Mais en tous les cas, ce genre d’explication ne me satisfait pas. Ça m’interpelle plutôt: est-ce que certains de mes gestes ou de mes attitudes qui me définissent comme chrétien en 2010 (le contenant), peuvent contribuer à éloigner les gens du message du Christ (le contenu)?
J’envisage cette réflexion comme une saine introspection.  Le berger qui laisse son troupeau pour partir à la recherche de la brebis égarée, n’assume-t-il pas à ce moment une part de responsabilité pour retrouver cette brebis?  Chose certaine, il ne passe pas la journée à juger la brebis en attendant son retour…
Mais bon, avez-vous des pistes de solutions?  À bientôt!


David Boutin  22 Juillet 2010, 00 h 18

Bonjour Louis-Simon,

Merci de m’avoir répondu.

Avez-vous des exemples de rituels superflus et nuisibles au message évangélique? 

Pour ma part, il me semble qu’il soit très facile, trop facile, même, de vouloir mettre tout le problème d’un seul côté.  Si nous regardons, il y a toujours eu des adaptations et des évolutions dans le christianisme depuis le tout début.  Cela indique, qu’effectivement, il y a eu des périodes où des façons de faire ont été jugées insuffisantes ou désuètes…  Cette question peut certainement se poser et même, doit se poser. 

Par contre, de nos jours, et c’en est devenu un gag tarte à la crème tellement c’est devenu facile et grotesque de prendre cette direction que tout le monde prend presque de manière robotique dès qu’il y a un bogue, de mettre le problème que de ce côté là, celui de ce qui est institué.  Ce qui est institué comme tel, l’est comme tel parce qu’il voulait se faire le rempart de ce qu’il prétend proposer et que sa forme lui semblait la meilleure dans les besoins qui se présentaient…  Nous dirons que nous ne mettons pas les mêmes habits pour traverser le désert, que pour faire de la plongée sous-marine, n’est-ce pas?  Alors, avons-nous confiance que nous avons un magistère vivant qui est fiable à savoir s’il nous faut un habit de ski-doo ou un habit contre le feu, devant tel ou tel enjeu, ou devant telle ou telle difficulté? 

Pourquoi devrait-ce être toujours la faute de l’Église, la faute des annonceurs, la faute des pasteurs, la faute des rituels, la fautes de l’eau dans le bénitier, tiens, et tant qu’à faire, la faute de la mouche morte gelée pendant l’hiver dans le clocher, et jamais ou si rarement la faute du fidèle de moins en moins fidèle?  Cette déresponsabilisation de la réponse de monsieur et madame tout le monde dans sa liberté de réponse me semble dangereuse.  Combien ne vont pas à la messe parce que ça ne leur tente juste pas de se faire rappeler leur responsabilité sociale?  Après tout, ne payons-nous pas assez de taxes et d’impôts pour que le gouverne-maman et son État-providence s’en occupe et que l’Église nous en foute enfin la paix?  Combien ne vont pas à la messe, parce que c’est plus confortable de rester chez soi, de faire la grâce matinée… Après tout, ne nous levons-nous pas déjà 5 ou 6 matin par semaine pour aller travailler sans devoir en plus se lever pour aller se faire ch**r à la messe, sur des bancs de bois dure et glissants, le dimanche?  Combien ne vont pas à la messe parce qu’ils ne sont pas d’accord avec les idées du curé de leur paroisse?  Et surtout, combien n’iront jamais le rencontrer pour approfondir les dites idées, parce que ça leur fait une bonne défaite pour se débarrasser d’un porteur de robe noire fatiguant et quêteux dont les orientations ne nous permettent pas de consommer plus, de gagner plus d’argent ou de se faire plus d’amis avec des piscines pour aller se baigner? 

Le respect de celui à qui nous prétendons présenter le christ, implique aussi de lui permettre de refuser le Christ, librement…  Et il est juste et humble de reconnaître que nous ne posséderons jamais le christ, de manière individuelle, au point d’en faire une présentation telle que l’autre n’ait plus besoin de fournir des efforts de son côtés pour sa propre recherche, indépendamment des misères de ses frères…  Et il pourrait être une forme de narcissisme ou d’égocentrisme à se croire toujours celui qui est responsable de tout.  La liberté de l’Homme est aussi la liberté de préféré le confort, moral, psychologique ou physique, aux appels du christ. 

Premièrement, celui qui appelle, c’est Dieu : “Nul n’est attiré à moi, s’il n’est appelé par le Père”.  Alors, ne nous donnons pas à nous-mêmes des mandats qui ne nous appartiennent pas.  Maintenant, on nous demande d’annoncer, et non de faire croire.  Bien sûr, il vaut mieux que nous soyions les plus crédibles possibles dans notre religion dans notre manière d’être et de partager.  Mais même le plus parfait d’entre nous tous sera encore assez pécheur pour que des gens se servent de ses fautes en excuses pour envoyer promener le christ.  Des gens haïssent Mère Térèsa et se servent de certaines simplicités qu’étaient les siennes pour la décrédibiliser… Alors, lorsque notre tour arrive, doit-on vraiment s’en inquiéter outre mesure et s’autoflageller?  Le monde est-il notre juge, ou est-ce le Christ, notre juge?  Le bruit et le tapage du monde impressionne certainement, aussi, lorsqu’il se sert de ce qui est faible dans notre religion pour excuser ceux qui n’en veulent rien savoir, il est facile d’accepter sans broncher une condamnation qui vient d’un juge qui n’a pas à être le nôtre de toute façon, puisque le Christ l’a vaincu, selon sa propre parole, après sa résurrection…

Des solutions?  La première, faire confiance au Christ, qui sait ce qu’Il fait.  Faire confiance à son Église, qu’Il assiste de son Esprit Saint.  oui, être des chrétiens les plus crédibles possibles dans autant de niveau que cela peut être, pas pour sa gloriole personnelle, mais par désir de toujours mieux laisser paraître à travers soi, le visage du Christ, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.  Des solutions plus concrètes?  Être plus audacieux.  Arrêter d’avoir honte de ce que les gens nous reprochent de manière systématique, car plusieurs reproche sont très souvent, pour mon expérience personnelle, en tout cas, parce qu’ils demeurent au premier niveaux des attentes dans leur cheminement et regardant davantage ce qu’ils peuvent en tirer que l’investissement qu’ils peuvent y mettre,  et oser présenter aussi l’autre côté de la médaille en exposant l’enseignement officiel de l’Église et en étant sensibles aux questions de l’autre, sans lâcher trop vite des éléments fondamentaux de notre foi, parce que la pression est forte d’abdiquer.  Une saine introspection, c’est aussi reconnaître la part de l’autre… Et si la brebis ne veut rien savoir de son berger?  Le christ n’a-t-il pas pleurer en disant : “Jérusalem!  Comme une poule rassemble ses petits, j’ai voulu te rassembler, mais tu n’as pas voulu”.  Aussi, avant de flusher ce que le monde n’aime pas de notre religion, la saine introspection exige de se demander quelle est sa signification initiale et de la rendre accessible et de discerner si le problème est vraiment du côté de notre religion…  Et je ne suis pas convaincu que la majorité fasse le vrai discernement sur ce point, parce que la pression est extrêmement forte de toujours accuser l’institution et de toujours déverser nos responsabilités sur elle.  C’est une dérive qui n’a pas fini de faire mal, j’en ai bien peur, et à plusieurs niveaux… 

Bref, ce n’est que ma lecture du problème, et je ne crois pas que ce genre de question puisse être bien tranchée sur un blogue. 

Qu’en pensez-vous?

David


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