Mini reportage : 1er avril 2004

Paul VI et Maurice Roy
un itinéraire pour
la Justice et la Paix

Journées d'étude
sous le patronnage de
l'Instituto Paolo VI
et de la
Faculté de théologie
et de sciences religieuses

          Sous le thème "Paul VI et Maurice Roy : un itinéraire pour la Justice et la Paix", se tiennent à la Fédération des Augustines de Sillery, trois journées d’étude sous le patronnage de l’Istituto Paolo VI et de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval.  Sont présents à cette rencontre, Dott . Giuseppe Camadini, président de l’Istituto Paolo VI qui, pour la circonstance, est accompagné d’une délégation italienne de membres de ce même Institut. Sont aussi présents, de nombreux professeurs universitaires, des personnes intéressées par cette question et certaines personnalités qui ont marqué le monde de la justice sociale dans le diocèse de Québec, tels Mgr Maurice Couture, évêque émérite du diocèse de Québec, Mme Annine Parent Fortin, ex-directrice du Service de la pastorale diocésaine qui a longuement œuvré en pastorale sociale. Ayant un caractère international, les journées se déroulent avec un système de traduction simultanée en trois langues.
          Concernant la thématique de ces journées, rappelons que parmi les personnalités du Québec, Maurice Roy a été sans doute celui qui a le plus contribué à faire avancer, au plan international, la cause de la justice et de la paix à titre de Président du Conseil pontifical Justice et Paix créé par le pape Paul VI.  Les journées d’étude ont pour objet d’examiner l’engagement de l’Église catholique, au cours des années post-conciliaires, en faveur de la justice et de la paix et de mettre en évidence les protagonistes de cette action : le pape Paul VI et le cardinal Maurice Roy.
          Lors de la séance d’ouverture, c’est dans la joie et la fierté que le cardinal Marc Ouellet a souligné que ces journées d’étude permettaient de renouer avec les années d’effervescence qui ont suivi le Concile Vatican II. «Ayant vécu moi-même très intensément la Journée de prière pour la Paix le 24 janvier 2002 à Assise, j’ai été ému et profondément réjoui de constater le rôle clé de mon prédécesseur le Cardinal Maurice Roy dans la mise sur pied et la direction de la Commission pontificale Justice et Paix et du Conseil de Laïcs, qui ont conduit maintenant à un engagement de premier plan de l’Église pour la justice, la paix, la famille et la jeunesse.  Joie et fierté aussi de voir enfin reconnue et publiée la contribution de deux grandes figures de l'Église qui ont conjugué leurs efforts et uni leurs qualités d'hommes discrets, humbles, méticuleux et efficaces pour mettre sur pied, patiemment et sûrement, les structures et les balises qui allaient donner aux orientations conciliaires des mains et des outils appropriés pour un engagement renouvelé de l'Église dans les changements sociaux et même la vie politique des nations. J'ai l'impression avec le recul du temps, que ces deux hommes d'Église partageant un même idéal de service dans des responsabilités différentes, n'ont pas encore été appréciés à leur juste valeur et que l'heure est venue non seulement de publier leur extraordinaire contribution mais aussi de relancer la mission dans les champs qu'ils ont labourés, les premiers, en renouvelant à leur exemple l'esprit de coopération, de dialogue et de continuité qui les a profondément animés».


Ouverture des journées par le Doyen de la Faculté de théologie et de sciences religieuses, M. Marc Pelchat

Salutations et mot de bienvenue, cardinal Marc Ouellet

Dott. Giuseppe Camadini, Istituto Paulo VI


M. Gilles Routhier, conférencier

Un membre de l'Institut Paul VI en compagnie de M. Marc Pelchat

Un membre l'Institut Paul VI en compagnie de l'Archevêque


Participant en compagnie de Mgr Maurice Couture

          Son intervention fût suivie par celle du président de l’Institut Paul VI, Dott. Giuseppe Camadini, qui a souligné combien il trouvait pertinent le thème de ces journées d’étude . Faisant état des nombreuses réalisations de l’Institut et les 25 années d’activités de ce centre d’étude sur la pensée du pape Paul VI, il nous a rappelé en le citant que «La paix est le principe de la nouvelle civilisation, elle est le fondement stable de notre société».
          Comme conférence inaugurale, M. l’abbé Gilles Routhier, professeur à la Faculté de théologie et de sciences religieuses, nous a brossé la genèse de la mise en place de la Commission Justice et Paix . Hautement documenté, M. Routhier nous a très bien fait saisir toute la complexité, la subtilité des prises de position, et même les tensions qui ont eu cours, tant dans la période conciliaire que dans la période post conciliaire, avant d’en arriver à la mise en place de la Commission. En effet, il nous a fait découvrir combien tous ces protagonistes (cardinaux, théologiens, spécialistes), tout en étant animés de la même conviction que l’Église se devait de prendre parti pour les pauvres et travailler au développement des sociétés moins bien nanties, étaient en même temps au prise avec de nombreuses considérations organisationnelles concernant la mise en place de la structure qui porterait, au nom de l’Église, cette préoccupation.
          Ce qui m’a le plus frappé à travers cet historique, c’est de découvrir qu’au terme de cette « saga », l’humour et la dimension parfois déconcertante de la providence ont eu une fois de plus gain de cause. On peut facilement imaginer tout le lobbying, les discussions entre les différentes écoles de pensée, les sensibilités différentes et les attentes face aux nominations de candidats prestigieux qui ont cours lors de ces délibérations. Contre toute attente, le pape Paul VI a mis alors sur pied un comité provisoire présidé par le cardinal Maurice Roy, alors méconnu de la galerie. Comble de tout, cet homme d’une grande simplicité et d’une profonde humilité, dans les faits, n’avait même pas pris part aux débats conciliaires entourant cette question. Néanmoins, dans sa grande sagesse, le pape Paul VI avait remarqué les prises de positions très nuancées de notre ex-Archevêque dans des questions très controversées et avait décelé son précieux charisme, non flamboyant mais pourtant si efficace, de modérateur .
          Aussi, les années qui suivirent, nous ont montré une fois de plus la justesse et la délicatesse des voies de Dieu. Maurice Roy, cet homme méconnu, marquera en effet l’histoire par son apport à la cause de la justice sociale, et sera un des principaux artisans du tournant que prendra l’Église dans sa prise de position non équivoque en faveur des pauvres et dans son implication en vue du développement d’une société plus juste et plus humaine. Le cardinal Roy, aura de plus, de par sa grande ouverture d’esprit et sa foi profonde en une Église coresponsable, ouvert des portes et des avenues prophétiques concernant la place du laïque dans l’Église.
          C’est donc dans cet esprit que ces journées d’étude se sont donné pour objectif de démontrer combien Paul VI et Maurice Roy sont deux hommes qui ont marqué l’itinéraire de l’Église dans sa prise de conscience et son engagement en faveur de la Paix et la Justice.


Membres de la délégation italienne

Intervention d'un membre de la délégation italienne

Paul VI et le cardinal Maurice Roy, 11 novembre 1976


Installation de traduction

M. Gilles Routhier en Mme Annine Parent Fortin

Paul VI, le cardinal Maurice Roy et Carol Wojtila

 

Jean Lortie
Animateur diocésain
jean.lortie@diocesequebec.qc.ca